La problématique du surtourisme, un terme trop souvent galvaudé :

Le terme « surtourisme » est devenu omniprésent depuis 2016, mais le géographe Rémy Knafou, dans l’article que vous pourrez lire ici Le HuffPost, évoqué dans une note de la Fondation Jean‑Jaurès, met en garde contre une utilisation trop galvaudée du concept.

Santorin et Mykonos pâtissent d’ailleurs de cette étiquette, mais qu’il faut justement prendre avec prudence, comme nous l’avions expliqué dans cet article : Surtourisme dans les Cyclades : influenceurs Vs Spécialistes

Trois critères pour parler de surtourisme:

En tant qu’agence réceptive locale basée en Grèce, cet article est très intéressant et iIl est important de préciser effectivement quels sont les critères qui peuvent réellement justifier le fait de parler de surtourisme :

  1. Impact sur la préservation du site : quand l’afflux touristique menace les monuments ou l’écosystème.
  2. Altération de l’expérience visiteur : surfréquentation qui nuit à la qualité du séjour.
  3. Acceptabilité par les habitants : lorsque les populations locales rejettent la présence massive de touristes.
    Encore une fois, Knafou remet en cause l’importance excessive donnée au deuxième critère (Le HuffPost), notamment en terme de capacités d’accueils des lieux spécialement conçus pour les vacances.

Mépris de classe et clichés:

Ainsi, parler de « surtourisme » pour des stations balnéaires « peuplées » revient souvent à opposer les touristes « à la mer » aux lieux de vacances élitistes, ce peut traduire un certain mépris de classe.
Or, rappelons-nous que ces destinations sont justement conçues et aménagées pour recevoir un grand nombre de visiteurs, avec des infrastructures adaptées !

Surtourisme et Instrumentalisation marketing:

Nous constatons de plus en plus que l’angoisse liée au surtourisme est exploitée : certains acteurs touristiques (même nous !) mettent en avant des offres « exclusives » ou « hors des sentiers battus » pour attirer une clientèle plus aisée, ou , dans notre cas, pour répondre à cette angoisse et proposer des alternatives aux destinations qui ont mauvaise presse pour le moment.

Cette année, dans le métro parisien, d’énormes affiches dénonçaient, parfois même avec un peu de ridicule, des destinations qui malgré tout valent le coup, si on les visite autrement !

Cela peut entraîner un effet pervers, avec notamment un impact écologique inconnu, il faut donc en effet pouvoir proposer des alternatives, mais toujours dans le respect des infrastructures et de l’environnement. L’impact de ces nouvelles tendances marketing peut s’avérer catastrophique pour des régions magnifiques à visiter mais PAS à développer (nouveaux lieux aménagés, transports et hébergements créés) !

Touristophobie : un phénomène ancien

Rappelons aussi que l’hostilité envers les touristes remonte au XIXᵉ siècle, même chez les vacanciers eux-mêmes : Victor Hugo, en 1843, se montrait critique envers l’afflux à Biarritz !
Aujourd’hui, ces sentiments traduisent surtout une nostalgie d’un temps révolu, celui où le sentiment d’exclusivité et de liberté était un peu plus prégnant, souvent portée par une élite urbaine.

En résumé

Le surtourisme existe quand il y a un danger réel pour les sites ou un rejet des populations locales. Nous voyons par exemple le cas de Santoin, qui est une belle destination, mais qui souffre principalement de la fréquence et du nombre de bateaux de croisière qui déversent des milliers de personnes par jour aux même endroits.
Mais l’usage abusif du terme surtourisme masque souvent un jugement social, valorise une vision élitiste des vacances et sert surtout de levier marketing.
Encore une fois, le plus important c’est de bien se renseigner sur les endroits que l’on souhaite visiter, avec des experts sur place, des professionnels qui y vivent, en sortant des sentiers battus de la communication de masse !

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OREA VOYAGES